Bonjour à tous, je m’appelle Alexandre Acariès, je suis instructeur dans plusieurs disciplines, notamment le karaté, le krav-maga et le penchak silat. Je pratique les arts martiaux depuis plus de 20 ans, et je suis le concepteur d’une nouvelle méthode qui s’appelle le Karaté de Rue, qui a pour principal objectif de moderniser l’enseignement et la pratique des techniques de karaté, de façon à les améliorer un peu plus pour un contexte urbain actuel. – Si besoin, si sa main n’est pas là, il s’en va, je prends autre chose – C’est adapté à tout le monde, tout le monde peut le pratiquer, mais c’est vrai qu’à la base, quand j’ai créé cette méthode, le premier public cible était surtout les karatékas qui commençaient à stagner dans leur pratique et qui commençaient malheureusement un peu à s’ennuyer, donc avec ma petite expérience de krav-maga, de penchak silat, j’ai voulu apporter une petite plus-value au karaté, de façon à redonner, en quelque sorte, un second souffle à la pratique, mais effectivement, des pratiquants qui n’ont jamais pratiqué d’arts martiaux ou de sports de combat peuvent s’y mettre à partir de 7 ans, même les enfants, et les techniques sont adaptées à leurs gabarits et à leurs âges. **Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton parcours martial ? J’ai passé mes grades – 1er, 2ème, 3ème Dan de Karaté – et puis un jour, j’ai découvert le Krav-Maga lors d’un cours d’essai sur Toulouse, ça m’a tout de suite plu, j’ai tout de suite accroché, par contre, c’est vrai que cela m’a amené à une grosse remise en question parce que j’étais un peu « formaté » karaté, j’étais plutôt techniques de compétition, et c’est vrai que ce soir-là, j’ai pris une petite douche froide en rentrant chez moi, parce que je me suis aperçu, malheureusement, que le karaté avait été quelques lacunes à combler et je me suis retrouvé un petit peu devant un choix, c’est-à-dire que soit je retournais voir mes élèves comme si de rien n’était le lendemain aux cours, ou alors je me remettais en question et je commençais à changer ma pratique de façon à ne pas leurrer mes élèves, et qu’ils ne subissent pas la même douche froide que moi j’avis subi au krav-maga. Donc petit à petit, j’ai commencé à greffer des techniques de krav-maga dans mon karaté, tout en conservant les bases du karaté traditionnel, les postures basses, etc… mais je commençais à incorporer des parades glissées, des parades contre simultanées spécifiques au krav-maga et petit à petit, ça a tellement pris une autre forme que le karaté que je pratiquais qu’au bout d’un certain moment, en 2010, j’ai décidé de lancer mon concept et donc j’ai créé cette méthode Karaté de Rue de façon à me débarquer des autres méthodes de karaté traditionnel. – Vous allez tous faire cela : blocage avec le même bras Age Uke Soto Uke vous revenez ici en poing marteau Tetsui au niveau du menton – je le touche mais c’est différent, vous, ne vous touchez pas – – et ici, vous allez faire ce qu’on appelle « Hirabasami » – la fourche à la gorge saisie croisée génital distance tout le temps en position basse – ** Tu as appelé ta méthode Karaté de Rue il y a déjà des méthodes qui s’appellent Boxe de Rue, etc… Est-ce que tu penses que le mot Karaté de Rue peut bien valoriser la self-défense, parce que dans la tête des gens, karaté reste quelque chose de traditionnel et que ce n’est pas vraiment lié à la rue, et que des mots comme Boxe de Rue sont quand même plus évocateurs, on va dire… ?! A la base, oui, effectivement, il y a déjà des méthodes qui portent un nom assez évocateur comme Boxe de Rue ou d’autres méthodes. Moi, à la base, quand j’ai créé ma méthode, je ne pensais pas du tout à ces gens-là, moi c’était « Karaté Efficace en Dehors » donc je me suis dit « karaté efficace en dehors » ce n’est pas très joli, donc j’ai cherché un nom qui serait un petit peu mal interprété au départ, mais pour moi, Karaté de Rue, c’est ce qui me parlait en premier donc j’ai immédiatement déposé ce terme à l’INPI, donc c’est devenu ma propre marque et après, oui bien sûr, j’ai vu le rapprochement avec Boxe de Rue, qui a été créée par des personnes que je respecte beaucoup et dont j’admire le travail, mais à la base, cela n’avait rien à voir avec ce genre de méthode. J’hésitais aussi avec Karaté Opérationnel, qui était un peu plus long mais pour moi, c’était Karaté de Rue, et puis je me suis dit qu’à la longue, je souhaitais véhiculer une bonne image à travers ce nom-là, et c’est vrai que les personnes ouvertes d’esprit vont de suite comprendre là où je veux en venir en appelant ma méthode Karaté de Rue. **Mais est-ce que tu penses sinon que dans la tête des gens, le karaté peut être lié à la self-défense ? A la base, le karaté était fait pour se défendre dans la rue. Par contre, ma petite expérience a fait que je me suis aperçu qu’à la base, le karaté était un art martial vraiment redoutable, c’est-à-dire qu’il n’y avait ni règle ni interdit, et ce n’est qu’après l’instauration de la compétition sportive, qui était d’ailleurs formellement désapprouvée – selon les livres – par le maitre Gichin Funakoshi – que le karaté changea complètement de forme, un petit peu, c’est-à-dire qu’on a les techniques les plus dangereuses comme les piques aux yeux, les frappes à la gorge ou les coups dans les parties génitales ont été tout simplement retirées de la pratique martiale, au profit de la pratique sportive, et donc, cela aurait pu très bien s’arrêter là mais cette façon de faire s’est généralisée de dojos en dojos, de professeurs à élèves et malheureusement, les techniques les plus efficaces ont été un peu évincées et on est resté vraiment sur un côté sportif. Donc nous, modestement, c’est à la fois une “évolution du karaté” dans le Karaté de Rue mais également un petit peu, un retour aux sources puisqu’on réinclus des techniques qui à la base, étaient déjà intégrées dans le karaté. J’ai conservé les katas dans mon karaté parce que cela reste du karaté, parce que cela a une utilité pédagogique et une utilité martiale, par contre, là où je mets « le paquet » avec mes élèves, c’est sur l’application des katas, ce qu’on appelle donc les bunkais et là, on se régale un peu plus parce qu’on est vraiment dans le concret. C’est vrai qu’on a pu assister à des dérives, un petit peu, dans les bunkais – une, deux, trois, quatre, 5 techniques chorégraphiées par avance – – y’en a un qui m’attaque de cette façon, moi, je vais faire un mouvement comme ceci ou autre – là, on part un petit peu dans la chorégraphie limite de cinéma, donc là, on ne touche plus au réalisme donc nous, on applique les bunkais dans une optique vraiment de self-défense – une, deux, trois techniques maximum en percutant les points vitaux et on essaie d’interpréter – parce qu’il y a aussi un gros travail de recherche dans le Karaté de Rue c’est une recherche constante et on essaie donc d’interpréter les katas en gardant toujours à l’esprit le côté réaliste de l’art martial. – Qu’est-ce qu’il se passe ? Calmez-vous ! – ** Tu parles parfois de finalité ou tu dis « là, on va faire un peu de penchak, là, je prends un peu de ça » donc, en fait, tu mixes différentes disciplines, un peu comme Bruce Lee avait “inventé”, à l’époque où il mixait différentes disciplines, c’est un peu ça aussi, cela veut dire qu’on peut, dans ton Karaté de Rue, retrouver quelques finalités ou quelques techniques d’autres disciplines ? Dans le Karaté de Rue, il y 3 principaux modules, il y a 3 parties : 1ère partie : ce que j’ai appelé « la partie traditionnelle », qui est commune quasiment dans tous les styles d’arts martiaux les katas, les kihon ippon kumite, les bunkais et ainsi de suite… Par contre, c’est l’application qu’on va changer, on ne change pas les bases techniques mais par exemple, on ne se met plus en garde en reculant, on va se mettre en garde en avançant, voir en poussant l’agresseur… Ce sont des petites choses comme cela qui font qu’on fait un petit pas vers le réalisme. Donc première partie, partie traditionnelle. La 2ème partie de la méthode, c’est ce que j’ai appelé « le traditionnel évolutif » par exemple, au lieu d’avoir des techniques avec le poing Hikite au niveau de la hanche, on va commencer à avoir des techniques avec une garde, notamment avec une garde haute de self-défense, de krav-maga, penchak silat ou autre donc effectivement, pour répondre à ta question, je commence à intégrer dans mon karaté des techniques, des principes et des façons d’apprendre issus d’autres disciplines, parce que pour moi, tout est bon à prendre à côté, on ne va pas se verrouiller, s’enfermer dans un style particulier l’ouverture d’esprit, c’est ce qui caractérise un petit peu le Karaté de Rue Et si après, au Penchak Silat ou autre – le Systema m’intéressait aussi à une époque – s’il y a des bonnes choses, pourquoi pas les intégrer dans mon karaté, sans que ce soit un fourre-tout ou un fouilli sans nom. Il y a toujours cette base, cette structure, cette fondation de karaté à laquelle on intègre des techniques de penchak silat, de krav-maga ou de goshin juitsu ou je ne sais quoi quelque chose que je trouve réaliste, je le mets dans mon Karaté de Rue et par-dessus, on greffe des façons de pratiquer, de façon à garder toujours cette flamme de passionné au fond de soi dans le karaté, ne pas stagner, ne pas s’ennuyer, ce serait dommage, on essaie tout le temps de progresser donc effectivement, on inclut des techniques de self-défense moderne dans la base karaté. Et la dernière partie de la méthode : ce que j’ai appelé « la self défense urbaine » où là, on met en application tout ce qu’on a vu et là, c’est de la self-défense pure où on inclut des techniques de karaté, de Penchak, de Krav-Maga ou de Kyusho, c’est l’objectif un petit peu de la méthode, c’est de former des « karatékas tout terrain » **Donne-moi tes clés ! Calmez-vous, calmez-vous ! Je viens récupérer quelque chose dans le coffre de ma voiture, quand un individu vient me menacer avec une arme à feu dans le dos ici je vais très doucement, je monte mes mains en signe de soumission, j’essaie de dialoguer et de lui donner même ma voiture s’il le faut il ne veut rien entendre, je vais devoir aller au contact je laisse mes mains en signe de soumission et je viens percuter ici avec une esquive de corps et avec mon avant-bras, je viens enrouler et capturer contre ma poitrine simultanément, avec mon autre avant-bras, bord cubital, je viens percuter un poing de pression derrière son coude, ce qui a pour effet de faire lâcher l’arme une fois que l’arme a été lâché, je repousse l’agresseur, je percute ici, bord cubital au niveau soit du visage, soit au niveau du plexus, je récupère l’arme par le canon, en pointant le canon vers l’agresseur, je prends mes distances, je fais attention à l’environnement et je prends la fuite. **Comment tu vois l’évolution du Karaté de Rue à court terme, moyen terme et long terme ? Je pars du principe qu’on a qu’une vie, je me fais plaisir, j’essaie d’améliorer un petit peu « mon art martial » qui me plait depuis que je suis tout petit et, évidemment, je la vois bonne, je l’espère bonne, maintenant si cela se casse la figure, tant pis Je suis assez perfectionniste donc j’essaie de faire les choses du mieux que je peux, je ne suis pas parfait, comme tout le monde, donc j’essaie de faire de mon mieux, mais j’espère que dans quelques années, la méthode sera peut être connue, voir peut-être reconnue et si elle tombe dans l’oubli, elle tombe dans l’oubli, en tout cas, j’ai sorti ça de mes tripes et j’essaie de faire au mieux pour aider les gens et pour l’instant, les gens me le rendent bien, je vois que cela suscite de l’intérêt, sinon il y a longtemps que j’aurais abandonné. J’espère me tromper, mais pour moi, d’ici une dizaine d’années peut-être, le karaté risque malheureusement de voir sa côte de popularité dégringoler, j’espère pas, j’espère que cela ne disparaitra pas au fil des années, ce serait dommage, mais en tout cas, je suis convaincu que d’autres professeurs de karaté, dans leurs dojos, font un travail similaire au notre, pour essayer d’améliorer cette flamme du karaté, pour ne pas que cela s’éteigne malheureusement, mais je ne sais pas, l’avenir nous le dira en tout cas, on espère perdurer dans le temps dans un avenir proche, ce sera pourquoi pas de former quelques instructeurs, que ce soit un peu reconnu à droite et à gauche. **Et l’ossature, la colonne vertébrale de la méthode, ce n’est pas la perfection technique, c’est le réalisme, et par-dessus, on greffe les techniques du karaté avec d’autres choses, comme la garde haute et ainsi de suite il y a de quoi s’amuser ! Faites vous plaisir, soyez toujours honnête envers vous-même et allez de l’avant laissez derrière les mauvaises critiques, le passé, etc… Remettez-vous – pas systématiquement, sinon on ne progresse plus, mais remettez-vous souvent en question, essayez de voir si vous ne blesser personne dans votre attitude, et en tout cas, nous, si vous avez toujours cet amour du karaté et que vous souhaitez en faire quelque chose d’autre qu’une pratique un petit peu « aseptisée », n’hésitez pas à nous rejoindre, vous êtes les bienvenus dans notre méthode Karaté de Rue et si vous avez une bonne mentalité, une bonne ouverture d’esprit, nous serions ravis de vous présenter notre conception du karaté.

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